Samantha Davies (13ème du Vendée Globe) : « Les femmes sont désormais dans des projets importants »

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4ème en 2008, Samantha Davies a terminé son deuxième Vendée Globe, en quatre participations (après deux abandons en 2012 et 2020), à la 13ème place. L'expérimentée navigatrice britannique nous parle de sa course et de sa future jeune coéquipière Violette Dorange. 

Beaucoup de skippers ont reconnu que cette édition était très rapide et très dure. Avec votre expérience de quatre Vendée Globe avez-vous, vous aussi, trouvé que c'était l'édition la plus dure ? 

Non car chaque Vendée Globe est difficile et a ses spécificités. En 2009, l'année où je finis 4ème il n'y avait que 11 bateaux à l'arrivée sur 30 concurrents. C'est vrai que cette année, personnellement j'ai eu une météo difficile avec des tempêtes notamment vers le Golfe de Gascogne, du vent de face dans les mers du sud, mais on n'a pas tous les mêmes conditions météo, les mêmes galères donc c'est vraiment un ressenti personnel. J'avais plus souffert en 2020 avec ma collision, j'étais repartie et j'étais arrivée hors délais. Je m'étais fixée comme défi de terminer et de ne pas baisser les bras.

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Samantha Davies handicapée par une météo capricieuse 

Ce Vendée Globe a-t-il été fidèle à vos attentes ?

J'étais frustrée par mon classement, j'espérais mieux, mais j'ai eu des soucis techniques aux mauvais moments. Contrairement à 2020, je n'ai pas eu de grosses avaries, mais j'ai eu des pannes électriques dans les mers du sud. Des pannes difficiles à comprendre pour mes équipes et moi-même. Il y avait du stress, on a trouvé la solution en 24h. Je n'ai pas dormi, j'ai été ralentie, ça m'a fait rater une bonne fenêtre météo. Je me suis peut-être mis un peu trop de pression. Mais j'ai adoré être à la bagarre, naviguer, faire ce que j'aime. 

Vous avez été ralentie proche de l'arrivée. Comment avez-vous vécu, mentalement, ce moment difficile ? 

Je n'ai effectivement pas eu de chance dans le timing de l'arrivée. J'ai été bloquée aux Açores par une énorme tempête hivernale qui arrivait sur les côtes françaises. J'ai dû retarder mon arrivée. Pendant deux jours, il était dangereux de naviguer à 50 nœuds dans des vagues de 10 mètres. Il y avait des ports de secours pour m'accueillir, mais j'ai attendu au large des Açores et j'ai mis quatre jours de plus sur l'arrivée prévue. Physiquement et mentalement, c'était difficile car mon corps était programmé pour finir le dimanche et non le jeudi, quatre jours plus tard c'est énorme. 

Allez-vous tenter de participer à une cinquième édition du Vendée Globe ?

Fin 2025, il est prévu que je passe la barre à quelqu'un d'autre. Il ne faut jamais dire jamais mais, dans quatre ans, ilyapeudechancesqueje sois au départ ou alors dans un rôle différent. J'ai couru mon premier Vendée Globe en 2009 avec une 4ème place mais, aujourd'hui, le niveau est bien plus élevé. Abandonnant deux fois et j'ai été deux fois finisher, je garde de super souvenirs de ces courses. J'ai couru sur un foiler dernière génération. Il y a la frustration du classement, mais aussi beaucoup de satisfactions sur le reste de la saison. 

« Les femmes sont désormais sur des projets très importants  » 

Violette Dorange vous rejoint pour le reste de la saison. Quel est votre regard sur l'évolution de votre future co-skippeuse ? 

Violette a fait une belle course. C'est une jeune navigatrice qui est à l'écoute, mais il y a aussi d'autres navigatrices comme Elodie Bonafous, Justine Mettraux, Clarisse Crémer qui sont excellentes. Cette belle génération fait évoluer la voile féminine. Ce qui est très intéressant, c'est qu'elles sont sur des projets très performants. Voir les femmes partir à armes égales avec les hommes, c'est super.

C'est nouveau et c'est bien pour la voile féminine. Dans le Vendée Globe, les six participantes avaient des bateaux performants. Je suis dans la transmission, mais Violette aussi. Ce n'est pas à sens unique. Chacune peut apporter à l'autre. Elle peut apporter un nouveau souffle à Initiatives-cœur. Le partage est très important.

Nous nous entendons bien, nous avons beaucoup de choses en commun au niveau de l'esprit, de notre passion, dans l'engagement. En 2019, elle a participé à la mini transat. Quand je lui ai dit que moi aussi je l'avais faite, elle m'a demandé en quelle année. Je lui ai dit 2001. Elle me répond : « Oh c'était l'année de ma naissance  ». On a rigolé. Ça ne m'a pas rajeunie (rires). C'est chouette pour moi d'être avec une navigatrice prometteuse et qui progresse énormément.

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